Les mangroves, sans frontières: un effort de collaboration

L’Initiative pour la restauration (TRI) a été saluée pour avoir rassemblé des institutions et des paysages variés autour de l’intensification des efforts de restauration dans neuf pays. Cette structure unique a permis aux équipes nationales d’apprendre sur le terrain, de partager leurs connaissances et leurs expériences et d’explorer les possibilités de collaboration en matière de stratégies de restauration des forêts et des paysages (RFP). 

La Guinée-Bissau est depuis longtemps reconnue pour ses efforts de restauration des mangroves, soutenus par des projets antérieurs et par le projet national TRI récemment lancé et intitulé «Protéger et restaurer les mangroves et les paysages productifs pour renforcer la sécurité alimentaire et atténuer les effets du changement climatique». À l’inverse, la restauration des mangroves était un concept relativement nouveau pour Sao Tomé-et-Principe (STP). Ce contraste a fait émerger l’idée de faciliter et d’organiser des rencontres de partage des connaissances entre les deux pays. Deux échanges de ce type ont eu lieu entre août 2022 et avril 2024. 

Lors du premier échange, en août 2022, cinq techniciens de la Direction des forêts et de la biodiversité (DFB) de STP se sont rendus en Guinée-Bissau pour apprendre de l’expérience guinéenne en matière de restauration. Parmi les approches partagées figurait la promotion de la régénération naturelle assistée dans les rizières abandonnées qui, grâce au rétablissement des conditions hydrologiques, a permis la régénération spontanée de propagules de l’espèce Rhizophora. La Guinée-Bissau a également présenté la technique consistant à établir manuellement des mangroves dans des zones dégradées, en plantant du Rhizophora et de l’Avicennia issus de propagules et de semis collectés localement. Les visites des sites restaurés ont également permis aux techniciens de TRI-STP de se familiariser avec les techniques de suivi écologique. 

Lors d’un voyage d’échange réciproque, qui s’est déroulé du 8 au 11 avril 2024, trois techniciens de l’Institut de la biodiversité et des aires protégées (IBAP) de Guinée-Bissau se sont rendus à STP. Au cours des visites de différents sites restaurés, les techniciens ont partagé des informations sur l’amélioration de la production des plants de Rhizophora en pépinière, sur les facteurs de réussite et de risque dans les sites plantés, et sur la nécessité d’impliquer les communautés, les associations et les autorités locales dans les activités de restauration de la mangrove. Ils ont également souligné l’importance de fournir un financement aux femmes et aux jeunes pour soutenir les moyens de subsistance alternatifs et la conservation durable des mangroves afin de réduire la pression sur les ressources fournies par les mangroves.

Les deux échanges comprenaient des visites de courtoisie et des présentations techniques aux autorités nationales et locales et à d’autres parties prenantes, ainsi que des séances sur le terrain, au cours desquelles les participants ont pu découvrir la réalité de la conservation, de la gestion et de la restauration des mangroves dans leurs pays respectifs. Parmi les principaux enseignements tirés, les participants ont noté les différences et les similitudes entre les espèces de mangrove des deux pays. Si la composition de la flore et de la faune diffère, certaines espèces sont communes aux deux pays, comme Avicennia germinans, Conocarpus erectus, Rhizophora harrizonii et R. racemosa. 

Les techniques de restauration varient entre les deux pays, les techniciens de GuinéeBissau opérant principalement par plantation directe de propagules, tandis qu’à Sao Tomé, et surtout à Principe, les semis se développent dans des caisses de bambous pendant au moins deux à trois mois avant d’être plantés sur le terrain. Malgré ces différences, l’équipe de STP a pu bénéficier de la solide expérience en matière de production et de restauration de mangroves de ses collègues de Guinée-Bissau, et les connaissances acquises ont permis à la DFB d’affiner ses protocoles, tant pour ce qui est de la production et du traitement des plants qu’en ce qui concerne la plantation sur le terrain et la gestion des parcelles restaurées. 

Il a été convenu que, pour la prochaine étape du partenariat, une petite équipe de STP se rendra en Guinée-Bissau entre 2024 et 2025 pour approfondir ce partenariat et consolider cet exemple de coopération Sud-Sud entre pays lusophones, où la restauration des mangroves ou des «tarrafes» – comme sont appelés ces écosystèmes côtiers en GuinéeBissau – se fait avec le soutien des bolonhas (communautés locales). À moyen et long terme, un tel partenariat peut s’appuyer sur d’autres ressources que TRI, comme le futur Fonds pour l’environnement mondial 8 à STP et d’autres projets gérés par l’IBAP en Guinée-Bissau. 

En savoir plus sur les activités de l’Initiative pour la restauration en République centrafricaine 

L’équipe de la FAO pour la République centrafricaine a publié un nouvel article sur son site Web, intitulé «Mise en œuvre de l’Initiative pour la restauration des forêts et des paysages (TRI) en République centrafricaine: renforcer la résilience des paysages et des communautés locales». 
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Explorez le nouveau site Web de l’Initiative pour la restauration: une plateforme pour le changement 

Nous sommes heureux d’annoncer le lancement du nouveau site Web de TRI, un espace dédié à la restauration des forêts et des paysages en Afrique et en Asie. Cette plateforme dynamique offre un aperçu de notre mission de restauration des écosystèmes dégradés, de promotion de la gestion durable des terres et d’amélioration des conditions de vie des communautés locales. Vous pourrez y découvrir nos projets, nos ressources et nos partenariats, tous mis en œuvre pour contribuer au défi de Bonn et à la réalisation des objectifs environnementaux mondiaux. Rejoignez-nous dans cette mission essentielle – visitez le site et découvrez comment vous pouvez participer au mouvement mondial de restauration! 
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Benjamin DeRidder, FAO

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